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 leur chanson de sanglots heurtée. (edwin)

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FONDATRICE. « bye bye, black bird. »


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MessageSujet: leur chanson de sanglots heurtée. (edwin)   Lun 23 Mai - 0:22


La brise et l'eau chantent au loin leur chanson de sanglots heurtée pour bercer cette enfant gâtée.


w/ edwin.

Satine se réveille lorsqu'elle voit l'aurore se dessiner par la fenêtre. En se levant, le soleil fait scintiller l'océan d'une couleur quasiment argentée. Elle s'éblouit de cette vue, comme une enfant le ferait, si fascinée qu'elle en oublie de bouger, de respirer. Tout autour d'elle n'est plus que néant, tant ce spectacle fabuleux monopolise la lumière. Il y a le soleil, un superbe ciel bleu qui surplombe l'océan, les oiseaux qui noircissent l'horizon et comblent le silence de quelques criaillements délicats et gracieux. Tout en ce jour béni des dieux respire le bonheur d'une semaine loin de tout, loin de la cour, loin des désirs et des fastes de l'hypocrisie qu'exigent son rôle social. Loin de la reine, surtout, cette vieille harpie aux cheveux noirs, ombre sur sa vie. Là, quand le soleil vient ranimer en elle les quelques exaltations qui persistent, là, quand la beauté de l'horizon vient illuminer ses papilles, elle se sent davantage elle-même que lorsqu'elle rôde dans les couloirs du palais. Certes, elle y à bien sa place, le roi le lui a assez prouvé. Pour autant, elle s'y sent toujours comme une vulgaire étrangère.

Là, elle n'est plus du tout chez elle. Loin, loin de tout, loin d'elle et loin de lui, loin des chaines que lui imposent sa condition, elle respire. Face à elle s'étend l'océan rocheux dans toute sa splendeur, qui honore l'horizon de sa présence. Seuls lui manquent le vent dans ses cheveux et le contact délicieux du sable tout contre sa peau. Sans en avertir les dames qui l'accompagnent dans cette trêve bien-heureuse, dans ce voyage paradisiaque organisé par les bons soins d'un souverain attentif et respectueux, Satine parcourt les escaliers qui, seuls, la mènent à la sortie. Plus qu'à tourner la poignée. D'un coup, le vent fait doucement bouger ses longs cheveux bruns, s'infiltre dans sa nuque, heurte sa monotonie. Elle exalte de bonheur, elle sourit, elle rayonne. Tout en elle laisse songer à l'innocence enfantine d'une gamine en pleine découverte. Oui, elle découvre. Un petit je-ne-sais-quoi, un quelque chose sur lequel elle ne parvient pas à mettre de mot. Peut-être est-ce ça, finalement, la liberté. Ce vent qui glisse dans ses boucles brunes, ce soleil qui brûle délicatement sa peau et fait rayonner la pâleur de son corps, les bruits du clapotis des vagues. Elle aurait voulu fondre vers l'océan, y tremper les pieds, se rouler dans le sable, dans l'eau, sans aucune considération pour la noblesse thoron qu'elle représente. Elle aurait voulu. Sauf que l'agitation d'un marché dans la grande rue la tire de ses pensées enfantines, et remet son caprice à plus tard. Juste un peu plus tard. Elle a toujours adoré les marchés !

L'animation pousse son exaltation à son paroxysme. Elle entend les marchands hurler des réclames, ses yeux ne cessent de papillonner d'un étal à l'autre, de s'arrêter sur un coquillage dessiné par ici, sur le spectacle d'un cracheur de feu par là. Elle rayonne, marche, puis court, marche encore. En elle réside cette parcelle d'enfance qu'elle n'a jamais su laisser derrière elle, cette innocence à la fois craintive et admirative. Voilà sans doute ce qui fait sa force, comme sa faiblesse. Rêveuse, éblouie par la lumière du soleil, elle vogue d'un bout à l'autre, quand son regard s'attarde sur un étal. Des diamants se couchent sur un tissu brodé. Des diamants de toutes les couleurs, scintillants au soleil tels des centaines d'astres. Elle s'éblouie de leur magnificence, bien que jamais elle n'aurait souhaité porter un tel apparat, à la fois trop voyant et trop orgueilleux. Elle s'émerveille. Mais le froissement d'un manteau, le diamant qu'elle voit disparaître dans une poche, l'œil qu'elle n'aperçoit qu'à demi-voilé derrière des mèches noires l'interrompent dans son admiration. Elle distingue un voleur, de prime abord. Habile, discret, rapide. Puis quelque chose s'immisce dans son esprit, petit à petit, lorsque les secondes passent et que l'homme s'échappe. Un souvenir. Un quelque chose, encore sans nom. Le regard, peut-être ? Une odeur ? Un mouvement qui se serait infiltré dans son esprit comme un poison pour la laisser là, immobile, stagne, inapte à entendre le cri du marchand juste à côté d'elle, hurlant à s'en faire défaillir la perte de son plus gros bijou ? Elle ne sait ce que c'est, mais c'est un souvenir. Amer.

Elle court, Satine. Elle court à en perdre haleine, à en oublier son innocence, à en bousculer les gens. Elle court droit devant elle, elle file, et regarde à droite, à gauche, en haut, à gauche puis à droite encore. Elle cherche celui qu'elle croit avoir reconnu, elle cherche dans l'espoir qu'elle sait vain de revoir cet homme là. Puis elle distingue à nouveau ce long manteau brodé derrière lequel avait disparu le diamant, elle le distingue qui marche à pas rapide, sur de son coup, sur de n'être pas rattrapé, sur de sa toute-puissance. Elle le reconnait bien là. Attendez ! hurle-t-elle, dans un cri de désespoir. Et elle court encore.

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du satin, dans tes mains

Viens-tu troubler, avec ta puissante grimace,
La fête de la Vie ? ou quelque vieux désir,
Éperonnant encor ta vivante carcasse,
Te pousse-t-il, crédule, au sabbat du Plaisir ?

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MessageSujet: Re: leur chanson de sanglots heurtée. (edwin)   Lun 23 Mai - 10:27


Douce Fleur, Dis-moi pourquoi tu te fanes.


w/ satine.

Il y a ces matins où un simple grognement, au fond d’une étable, vous rappelle que les lendemains de soirée peuvent être compliqués. Ces matins où l’on lâche un « Ma tête … », avec un râle pénible, où l’on se demande ce qui s’est passé la nuit dernière pour se retrouver dans le foin. Parfois, l’on se retrouve à se lever avec difficulté, perdant même quelques instants son équilibre. Puis l’on observe les alentours, se questionnant encore. Finalement, c’est le rire qui l’emporte sur le trouble qui peut naître. A quoi bon se poser ces questions ? Alors, l’on se couche à nouveau, à rire, à profiter. Que la vie est simple quand on prend le temps de s’arrêter.

C’était ce genre de matin que tu étais en train de vivre. Tu ne savais pas dans quelle étable tu te trouvais et cela ne t’inquiétait guère. Tu ne savais pas avec qui tu avais passé ta soirée, mais tu savais que ce fut agréable. Alors, tu riais de cette vie. Tu n’avais rien prévu pour ta journée et cela était le moindre de tes soucis. Au final, tu ne savais même pas quelle heure de la journée il pouvait bien être. Et tout ceci te rendait la vie si facile que tu te demandais pourquoi les gens trouvaient le moyen de s’encombrer de protocoles, horaires et autres nécessités qui empêchent de vivre pleinement sa liberté.

_ Que fais-tu là, voyou ? », lâche un homme au ventre bien portant. D’une carrure imposante, l’homme à la barbe mal rasée lève le bras, déjà prêt à se battre. Mais tu sais qu’il en est bien incapable. D’un tour de main, tu le mettrais sa gueule dans le foin. Tu n’étais pas là pour te battre. Surtout pas avec cet homme gras qui ne représentait aucun défi. Alors, sourire aux lèvres, riant, tu te relèves en vitesse et, reprenant ton long manteau noir sans manches, tu files plus vite que tu ne l’aurais cru, disparaissant dans la foule grandissante.

Tu étais dans une ville portuaire, aux nombreux marchands. La foule était abondante et tu savais que les affaires allaient se conclure avec facilité. Personne ne se battrait pour un prix et les vendeurs feraient de belles offres. Car plus les acheteurs s’amoncelaient à leur étal, plus d’éventuels badauds s’y arrêteraient. En fait, cela semblait être un accord tacite entre potentiels acheteurs et vendeurs. Tout le monde était là pour l’affaire du moment. Toi aussi, tu étais là pour découvrir ce qui plairait à ton œil. Ta longue veste noire au travers de la foule, tu passais d’un marchand à un autre, comme une ombre. Personne ne te remarquait. Personne ne faisait réellement attention à ta présence. Tu écoutais quelques instants, tu hochais de la tête et tu allais ailleurs.

Personne n’avait encore vu les deux premiers vols. Tu mangeais une belle brochette de poissons à ton aise, déambulant comme si tu venais de l’acheter, déguster chaque bouchée. Tu avais aussi réussi à voler un tissu que tu saurais revendre à un bon prix. Cela devenait même trop facile. Il te manquait lentement cette excitation que tu ressentais lorsque tu volais. Tu n’as plus la même peur de te faire prendre la main dans le sac. Tu es même parfois blasé par la facilité avec laquelle tu obtiens ces biens. Finalement, même le vol perd de sa saveur.

Un bijou te tape dans l’œil. Un beau diamant, encore brut, d’une valeur inestimable. Tu savais déjà le prix que te ferait ton receleur. Tu aurais de quoi vivre à ton aise durant quelques mois. Juste pour cette petite pièce. Le marchand discute avec une cliente. Tantôt que deux autres regardent avec envie les diamants disposés sur le tissu. Erreur. Tu le sais. Avec aisance, tes doigts habiles attrapent le nécessaire et, alors que ta main glisse à nouveau dans tes poches, tu t’en vas. Ni vu, ni connu. Pas pris. Facile. Trop facile. Tu disparais dans la foule, passant d’un étal à l’autre. Le marchand hurle au voleur mais personne ne sait que c’est toi.

Tandis que tu t’évades avec aise du marché, tu entends, derrière, une femme. « Attendez ! », dit-elle, comme si elle te connaissait. Est-ce qu’elle sait qu’il est le voleur ? Ou est-ce avec elle qu’il a terminé sa soirée ? Non, elle n’est pas vraiment le genre de femmes que l’on pourrait trouver dans une taverne de mauvaise réputation. Du coup, d’où te connaît-elle ? « Fais chier. », te dis-tu, car tu sais qu’elle risque de te faire repérer. Tu sais ce qu’il te reste à faire. Un dernier coup d’œil. Elle te cherche. « Merde. » Tu te mets à courir. Non pas avec l’angoisse d’être pris, mais le plaisir de la poursuite. Il n’y a aucune chance que tu te fasses prendre. Elle n’a même aucune chance de te rattraper. Tu as toujours été doué pour disparaître.

Alors, tu te mets à courir. D’abord en évitant les groupes qui, à ta vue, s’écartent, surpris et maugréant déjà de ton comportement. Tu rigoles. Tu te retournes pour voir si elle te suit toujours et, quand c’est le cas, tu accélères à nouveau, t’évadant à chaque fois. A un moment, tu sautes sur un étalage, et à ton nouvel élan, il tombe à la renverse, faisant hurler le marchand qui voit sa marchandise disparaître dans les mains de potentiels voleurs. Puis, une allée. Prenant une inspiration, tu te lances vers le mur. D’abord le pied droit, un appui, le pied gauche sur le deuxième mur. Te voilà au sommet avec une extrême aisance. Et tu t’assieds là, dégainant la dague qui se trouvait dans tes bottes. Alors qu’elle finit par arriver à ta hauteur, tu l’interpelles, jouant avec ta dague. « Tu sais, mes parents m’ont toujours dit qu’il était dangereux de suivre un parfait inconnu. » Tu souris. Idiotement. Bêtement. Tu fanfaronnes trop, comme souvent. Elric t’aurait déjà sermonné pour ton comportement. « Tu finiras par te faire prendre avec ton comportement à la con. », lui aurait-il sûrement dit. Ou un sermon tout aussi semblable.
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MessageSujet: Re: leur chanson de sanglots heurtée. (edwin)   Sam 28 Mai - 17:59


La brise et l'eau chantent au loin leur chanson de sanglots heurtée pour bercer cette enfant gâtée.


w/ edwin.

Elle court, désespérément, et à en perdre haleine. Plus rien d'autre ne compte, à cet instant précis, que cette chasse de la matinée, que ce gibier qu'elle voit devant elle et qui prend à chaque pas un peu plus d'avance sur elle. Sa naïveté elle même ne l'empêche pas de penser qu'elle ne le rattrapera jamais : elle n'a aucune chance sur cet homme de deux fois son gabarit. Pourtant, elle continue, comme si en un instant, sa vie en dépendait. Elle ignore les frissons qui font courir ses jambes, elle ne sait d'où viennent ses halètements qui perturbent sa poitrine mais qui, pourtant, la laissent radieuse et ensoleillée. Peut-être qu'au fond, ce jeu l'amuse. Elle se souvient des jeux de cache-cache auxquels elle s'adonnait avec son frère, et un léger sourire ombre son visage d'une fossette délicate. Puis succède la tristesse, qui fait briller ses yeux d'un voile mystérieux. Ces jeux de cache-cache sont si loin derrière elle. Et Satine court encore, court toujours, se fraye un chemin parmi la foule que cet amusement n'amuse absolument pas. Elle rit comme une gamine, à gorge déployée, inconsciente des risques qu'elle prend à pourchasser ce parfait inconnu comme une biche égarée au beau milieu du monde. Elle ne s'effraie pas, ne se demande pas une seule seconde ce qui arrivera quand elle le retrouvera bel et bien, si tant est qu'elle y parvienne. Elle n'éprouve rien d'autre que la chaleur de son corps en pleine action, que le soleil qui fait briller ses yeux, que la gaieté toute douce qui s'empare tout entier de son être. Enfin, là, loin, dans les îles galadhorn, elle retrouve le vieux fantôme de sa liberté, vendue au roi pour quelques bonnes grâces.  

Lorsque l'homme devant elle fait voler l'étal d'un marchand, les hurlements de colère lui parviennent aux oreilles. Svelte, elle enjambe les fioritures jetées au sol, s'amuse même un peu des morceaux de vase qui s'étalent sur le sol. Tant d'argent gaspillé pour une course poursuite enfantine. Cela ne l'inquiète nullement tant elle s'émerveille de la tournure que prennent les événements. Elle poursuit sa course, à douces enjambées. Lorsqu'elle le voit s'engouffrer dans une allée, un élan de panique s'empare de son coeur. Le jeu est donc déjà terminé ? Il va très certainement s'envoler, meilleur connaisseur des environs qu'elle, sans le moindre doute. Dans un soupir, elle s'engage à son tour, bien incapable de contenir cette curiosité qui fait d'elle une chatte effarée. Pourtant, lorsque la voix de cet homme retentit dans le calme de l'allée, un frisson parcourt sa peau diaphane. Elle ne s'attendait pas à le rencontrer, pas plus qu'à l'admirer du haut de son mur, tel un oiseau prend à prendre son envol, jouant avec une dague entre ses mains comme s'il eût tenu un bijou. Nulle émotion ne traverse son visage, mais la peur commence à s'instiller à l'intérieur de son coeur. En un instant, elle se demande si elle n'a pas commis une terrible erreur, une de celles qui pourraient la laisser là, morte et sanguinolente, au fond d'une allée sombre d'îles inconnues. Un instant, elle craint pour sa vie. A sa grande surprise, c'est avec une voix assurée qu'elle répond pourtant. Les miens, de parents, m'ont toujours dit qu'il n'était pas bien de voler. A nouveau, elle s'amuse. Avec le jeu vient la gaieté. Une gaieté de gamine émerveillée par ce monde trop grand qu'elle redécouvre chaque jour aux confins de sa vie.

Satine lève enfin la tête. L'homme rayonne devant le soleil, qui lui fabrique une douce auréole. Elle ne discerne qu'à moitié ses traits, mais distingue déjà un visage masculine, une barbe de quelques jours, des cheveux bruns qui font comme des ondulations et qui oscillent dans le vent. Lorsqu'elle rencontre ses yeux, il y a comme un voile qui se dépose devant les siens. Les yeux bruns. Des yeux en amande, fins et profonds, puissants et reconnaissables. Des yeux presque noirs, emplis d'une douceur certaine et d'une mélancolie toute aussi intense. Des yeux qu'elle a vu chaque jour de sa plus tendre enfance. Satine recule d'un pas, surprise, étrangement brusquée par la réalité qui s'impose juste devant elle. L'avoir cherché tant d'années pour le retrouver là, dans les étals d'un marché itinérant, dans des îles vacancières qu'elle ne fréquente qu'une fois l'an. Puis, la raison s'installe de nouveau dans son esprit. Non. Non, ce ne peut être lui. Les années l'ont changé, certainement, mais elle ne reconnaît pas en lui cette tignasse libre et sauvage, ni cette barbe indomptée. Elle ne reconnaît pas la désinvolture de ses gestes, ni ses mains jouant avec la dague. Qui êtes-vous ? Les mots s'échappent de sa bouche sans qu'elle ne l'ai désiré. A cet instant précis, lorsqu'elle fixe ses jolis yeux dans ceux de ce voleur inconnu, elle n'est plus maîtresse de son corps, ni de son esprit. En elle déferlent des vagues impromptues, sauvages, des vagues fauves qui la laissent tremblante, perdue. Effarée.

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MessageSujet: Re: leur chanson de sanglots heurtée. (edwin)   Dim 29 Mai - 16:10


Douce Fleur, Dis-moi pourquoi tu te fanes.


w/ satine.

Parfois, tu aimerais que le monde ne soit pas si fade. Tu aimerais être comme ces gens qui, vivant leur routine, ne s’embêtent jamais. Tu aimerais pouvoir te poser et sourire comme ils le font tous. Mais ce rêve ne t’appartient pas. Tu as toujours rêvé de la liberté. Absolue. Fondamentale. Tu aimerais être libéré du pouvoir souverain. Être libre de toute morale culpabilisatrice. Libre de toute crainte. Alors, trop souvent, tu essaies d’aller plus loin, dépasser les limites sensées. Personne n’est capable de vraiment te comprendre. Chaque jour, tu te sens alors plus seul que la veille. Car avec la liberté vient la solitude.

Alors que la jeune femme dépasse l’allée et s’arrête à tes mots, elle se tend. Sous la crainte, la peur. Tu le sens de ton perchoir, cette étrange sensation. Pourquoi a-t-elle donc couru après toi ? Fronçant les sourcils, tu te demandes donc ce qu’il se passe dans la tête de cette jeune femme. Elle est beaucoup trop bien habillée pour qu’elle ait été ta compagne d’une nuit. Alors, qui donc était-elle ? Finalement, plutôt que de rester muette, elle te répond et, déjà, tu sais un plaisir pervers naître en toi. Ainsi, veut-elle jouer ? Souriant, amusé par sa remarque, l’œil piquant, tu lui réponds. « Je préfère dire que j’emprunte, Mademoiselle. » Elle ne sait pas de quoi elle est tombée. Se rend-elle seulement compte de sa situation ? Une petite bourgeoise comme elle en compagnie d’un bandit, d’un hors-la-loi.

Aussi, lorsqu’elle pose sa première question, savoir qui tu es, tu rigoles. Tu souris. Tu sais déjà que tu peux jouer. Elle a peur. Tu le sens. Comme un prédateur, tu sens que ta proie est en pleine de doute. Elle craint pour elle. Pour sa vie. Peut-être pour ses parents qui ne sauront jamais qu’elle est venue mourir dans une allée exiguë. Car dans ce monde, loin de son château fantasque, il n’existe nul prince venu sauver sa belle, nul chevalier blanc pour accourir au moindre danger. La vie, la vraie, est pleine de danger.

Voulant encore jouer de cette femme impétueuse qui l’avait suivi jusqu’ici, glissant au sol d’un mouvement fluide, tu te retrouves bientôt face à elle. « Qui suis-je ? » Tu t’arrêtes sur la question, lève les yeux au ciel et réfléchit à celle-ci, ce que tu pourrais encore bien dire. Lui tendant ton poignard, tout en montrant sa tenue peu appropriée, tu ajoutes. « Si tu veux savoir qui je suis, il va falloir me rattraper. » Puis, alors qu’un sourire carnassier se dessine sur ton visage, tu colles tes lèvres à son oreille. « Nous sommes sur mon territoire, Demoiselle, pas dans ta belle cour aux protocoles pompeux. »

Et tu la dépasses, t’élançant vers un mur. « Tu penses que je vais te donner la tâche facile ? » Aussi, sur le premier toit, tu te lances dans une course, sautant parfois au-dessus de quelques boîtes entreposées, laissant tomber quelques vêtements sur ton passage ou, parfois, passant d’un toit à un autre. Mais tu le sais, si tu ne t’arrêtes pas, elle n’a aucune chance. D’ailleurs, tu vas finir par la perdre et tu ne pourrais plus t’amuser avec elle. Après tout, ce n’est pas tous les jours que tu peux t’offrir le loisir de t’amuser un peu de ces petits nobles et autres êtres qui vivent loin de la réalité.

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MessageSujet: Re: leur chanson de sanglots heurtée. (edwin)   Lun 30 Mai - 18:05


La brise et l'eau chantent au loin leur chanson de sanglots heurtée pour bercer cette enfant gâtée.


w/ edwin.

Le jeu. Quel délicat plaisir. Tu le vois dans son oeil mutin et pétillant, tu vois à quel point il apprécie cette situation particulière, à quel point il est enjoué face à cette dame qui le regarde d'en bas. Il se croit supérieur, sans doute, ce bandit de basse naissance. Un instant, un élan de fierté toute orgueilleuse traverse l'esprit de Satine, laissant loin derrière elle les réminiscences floues de son frangin. Elle devait s'être trompée, elle ne reconnaissait pas dans la voix rauque de cet inconnu la douceur d'Edwin. En lui, elle n'avait qu'un soupçon, qu'elle décide de laisser derrière elle pour goûter au plaisir sulfureux d'une course poursuite délurée dans les dédales de cette île. Pourtant, lorsqu'il descend vers elle, lorsqu'il se rapproche à pas de loup pour lui faire face de quelques centimètres, la peur lui prend les entrailles. En elle fleurissent des pics obscurs, des vagues déferlantes, des terreurs nocturnes en plein jour. Encore. Et dans le fourmillement de ses émotions, qui partent et qui reviennent, elle se sent dans une boucle infinie qui lui donne le mal de mer. Sa tête tourne et retourne, elle se sent vacillante. Et elle se raccroche, pour tenir, au visage de cet homme qu'elle voit désormais de près. Et en elle, c'est une fulgurance. Edwin. La finesse de son nez, l'obscurité de son regard, l'odeur de ses cheveux, les bouclettes brunes, tout, tout en lui sonne comme Edwin. Ce frère tant aimé, tant adoré, puis tant abhorré après ce fameux jour où il n'avait laissé à la maison qu'un silence insoupçonnable, un gouffre désespérément vide qu'elle n'avait jamais su remplir, ce frère là s'impose maintenant face à elle, se rapproche d'elle, comble la distance avec une arrogance non feinte peinte sur le visage qui donne à sa sœur une nausée irréparable. Elle en est sure, maintenant. Il a bien changé, son teint a bruni, mais c'est bien lui, la vérité qui s'impose après des années de mensonges. Elle résiste à l'envie de lui cracher au visage, n'a même pas le courage de lui répondre immédiatement, et le laisse s'envoler sans mot dire, encore, plongée dans ce mutisme qui ne lui ressemble pas, incapable même de bouger un orteil tant la surprise l'a cueillie en son sein.

 Attends ! Enfin, sa voix parvint à dépasser la barrière close de ses lèvres. Elle hurle à s'en déchirer les poumons, elle hurle comme si sa vie en dépendait, comme si ce hurlement pouvait ramener en son cœur toutes ses années d'absence. Comme s'il suffisait de crier pour faire revivre le passé. Elle regarde tout autour d'elle, paniquée de ne plus le voir, paniquée de ne pouvoir voler comme il le fait. Ses ailes clouées au sol, elle se sent comme une géante au milieu des mortelles, sans agilité aucune, sans souplesse, très loin des prouesses dont Edwin vient de faire montre. Mais elle voit une échelle, là-bas, plaquée contre le mur, échelle qu'elle grimpe à toute vitesse, faisant pour la première fois fi de sa robe désespérément froissée. Elle grimpe, encore, puis elle se retrouve sur le toit. Là-bas, elle admire les enjambées sveltes de son frère, elle le regarde évoluer dans son élément, dans les airs, et elle comprend mieux encore qu'un oiseau ne peut se laisser enfermer dans une si petite cage. Du haut des réminiscences de sa haine, elle hurle encore. Edwin Telemnar. Ce prénom fouette l'air autour d'elle, vole jusqu'à lui, résonne dans le calme du jour. Et elle prie, intérieurement, pour qu'il l'arrête dans son élan, en pleine air, pour qu'il confirme que ce prénom, c'est bien le sien, encore et à jamais, pour toujours, qu'il le veuille ou non.

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MessageSujet: Re: leur chanson de sanglots heurtée. (edwin)   Lun 30 Mai - 22:21


Douce Fleur, Dis-moi pourquoi tu te fanes.


w/ satine.

Soudainement, tu t’étais arrêté.

Elle t’avait demandé de l’attendre. Mais tu ne l’avais pas fait. Tu n’allais pas la laisser gagner aussi facilement. Tu étais trop joueur. L’amour du jeu t’offrait mille libertés. Alors, tandis que tu t’élevais sur ces toits, tu t’élançais dans les airs. Oui, là, tu étais heureux.

L’effroi.

Elle n’avait pas respecté les règles. Même, elle avait triché. Elle avait usé d’un stratagème pour te prendre à défaut. Quand ton nom, surgi des abîmes, avait résonné dans les airs, tu t’étais bloqué sur le toit. Tu n’avais pas osé lui faire face. D’abord, ton esprit s’était accéléré, en même temps que ton rythme cardiaque. Comment cela était possible ? Comment connaissait-elle ton nom ? Qui était-elle ? Ton cœur allait exploser. Était-ce la peur qui te conduisait dans cet état ? Déglutissais-tu à l’idée de te retourner ? Sentais-tu ces battements effroyables qui faisaient palpiter les veines de ton cou ? Ta mâchoire se crispait-elle ? Regardant l’horizon, savais-tu qu’il s’échappait ?

Happé par la brutale réalité, tu étais bloqué là, sur ce toit. Par la seule évocation de ton passé, elle avait fait surgir mille souvenirs, mille pensées enfouies si longtemps. Alors que tu reprenais tes esprits, tu regrettais ton arrêt. Il ne pouvait pas être passé inaperçu. Tu ne pouvais pas reprendre ta course comme si tu n’avais pas entendu. Tu ne pouvais plus fuir.

Telemnar. Ton nom. Ta famille. Ton sang. Tu l’avais renié pendant si longtemps. Tu avais fini par oublier qu’un jour, lorsque tu étais né, tu n’étais pas cet homme des rues que tu es maintenant. Tu avais fini par ne plus imaginer ce jour où ton passé viendrait te rattraper. Tu étais devenu un pirate. Un explorateur. Un voleur. Tu avais abandonné tout ce qui pouvait te rapprocher d’un Telemnar. Tu avais même fui loin de ce territoire qui avait vu naître tant de tes ancêtres. Tu avais fui les chaînes de cet esclavage invisible. Pourtant, là, où les embruns marins emplissaient tes narines. Là où tu te sentais plus proche de la liberté. Là, tu sentais ces maillons se suspendre et t’emprisonner.

Edwin Telemnar était ton nom.

Mais. Par tous les dieux, qui était cette jeune femme ? Était-ce pour cela qu’elle t’avait ainsi poursuivi depuis ce marché ? Elle ne pouvait être qu’une ombre du passé, une femme que tu avais connu avant ton départ. A l’époque, elle ne pouvait être qu’une jeune femme, à peine âgée d’une dizaine d’années, guère beaucoup plus. Et des filles, tu en avais que peu.

Bien que tu ne voulais pas l’admettre, tu savais déjà que tu te trouvais face à ta sœur. Tu le savais. Mais tu ne voulais pas savoir. Avait-elle volontairement recherché ta trace ? Était-ce une pure coïncidence ? « Fais chier. Pourquoi je me suis arrêté ?! » Soupirant, il te fallait affronter la réalité. Tu ne pouvais y échapper plus longtemps. Pourtant, il t’était interdit de reconnaître en elle ta si jeune sœur. Elle avait trop grandi.

_ On m’a appelé ainsi par le passé. Je l’ai abandonné depuis longtemps maintenant. » Tu te retournes finalement pour affronter le regard de cette jeune femme. Tu ne la regardes plus avec ce même regard amusé que tu avais encore quelques minutes avant qu’elle n’évoque à toi ces souvenirs. Tes yeux affichent une sévérité froide, quasiment meurtrière. Ou peut-être est-ce seulement la peine de revoir, là, les ombres de ton passé ? « Qui es-tu ? » Pourtant, ce n’est pas la question que tu veux lui poser. Tu sais déjà qui elle est. Non, plus important, sans attendre sa réponse, tu lui demandes. « Que me veux-tu ? »

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MessageSujet: Re: leur chanson de sanglots heurtée. (edwin)   Mer 1 Juin - 23:34


La brise et l'eau chantent au loin leur chanson de sanglots heurtée pour bercer cette enfant gâtée.


w/ edwin.

Edwin. C'est bien lui, là, à quelques mètres d'elle, qui s'envole sur les toits, qui fait battre ses ailes pour persister à prendre la fuite. C'est bien lui, le lâche, incapable de surmonter le regard de ses parents, incapable d'avouer sa trahison, son départ, son abandon. C'est bien lui, le traître, le vaurien, l'assassin de son pâle petit coeur d'enfant. Alors que Satine voit ses formes se dessiner devant elle, qu'elle n'a encore une fois que le spectacle de son dos voilé par les nuages, qu'elle discerne à peine sa nuque, ses cheveux, son manteau dans l'ombre qui les menace, la haine revient hanter son âme. Dans un tourbillon d'adrénaline, dans une surprise téméraire, elle bouillonne de rage. Le soleil s'est caché, tristement, derrière la noirceur de nuages menaçants, comme s'il pâlissait à la vue de ce spectacle aux faux airs de retrouvailles familiales. Ne reste plus rien de Satine qu'un corps sans vie, qu'un corps sans âme, incapable de bouger, le cœur vacillant et l'esprit troublé. A cet instant précis, lorsqu'elle hurle ce nom si souvent entendu, elle se remémore les souvenirs. D'abord, les vagues réminiscences d'un passé enfantin, les fous rires dans le jardin, les colères capricieuses d'une jeune fille face à son grand frangin, les jeux éperdus dans l'arrière cours. Puis, elle se remémore les nombreuses nuits ponctuées de réveil en sueur, les nuits où elle s'est surprise à hurler ce prénom, ces quelques lettres, ces douces syllabes qui, dans sa bouche apeurée, se transformaient en cris de panique. Longtemps, elle l'avait vu mort, dans un caniveau, mort au fond de l'eau, mort dans un fossé, mort le crâne écrasé, mort toujours. Elle pleurait sous sa sépulture, pleurait la fin d'un frère aimant et longtemps aimé. Elle pleurait aux réveils et elle pleurait pendant le sommeil.

Là, il est face à elle, maintenant. Il s'arrête en plein vol, cet oisillon privé d'elle. Il répond à ce prénom si longtemps entendu, sans doute haï désormais, et il confirme ainsi les craintes de sa sœur. Oui, il s'agit bien de lui. En elle, la déferlante se fait plus violente encore : son cœur oscille entre bonheur de le savoir vivant, et haine de le voir en vie. Elle voudrait lui hurler sa rage, lui dire tout ce qu'elle a eu sur le coeur ses années durant, nettoyer son âme de ses sentiments superflus qui l'ont si souvent hanté le jour comme la nuit. Elle le voudrait si fort qu'elle en cesse de respirer. Puis, il se rapproche à nouveau d'elle. Là encore, elle plonge ses iris dans les siennes, et son coeur fait un bond dans sa poitrine. Plus aucun doute ne réside en elle. Elle le voit pourtant afficher un regard sombre, morose, rendu plus obscur encore par les nuages noirs qui s'amoncellent sur leur tête. La météo se met au goût de leurs émois. Délicate et tendre. Au son de sa voix, elle frissonne. Je veux te transmettre un message. Quelques secondes. Quelques secondes d'inaction, de détresse, quelques secondes à reprendre son souffle qui l'a quitté pendant longtemps, qu'elle n'a jamais su retrouver tant qu'elle avait été séparé de lui, de cette moitié d'elle ensommeillée et enfantine. Puis, sa main fend l'air, frappe cette joue sale, ombrageuse, d'une violence inouïe, contenue tant d'années. Loin de ce calme qui la régit habituellement, Satine se découvre une nouvelle facette : la vengeance qui fait suite, justement, à la trahison. Comment as-tu osé... nous faire ça ? Nous. Ce nous de la famille. Qui résonne comme une triste réalité, longuement effacée.

_________________

du satin, dans tes mains

Viens-tu troubler, avec ta puissante grimace,
La fête de la Vie ? ou quelque vieux désir,
Éperonnant encor ta vivante carcasse,
Te pousse-t-il, crédule, au sabbat du Plaisir ?

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leur chanson de sanglots heurtée. (edwin)

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